Line RENAUD
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Loulou GASTE
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Louis Gasté
Loulou Gasté 1938
Studio Harcourt
 
 
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Loulou Gaste Line Renaud
 
 
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Louis Gasté est né le 18 mars 1908 à Paris. Au milieu des années 20, il fait ses études dans divers collèges et lycées, mais grand désespoir de sa mère, le petit Louis n'arrive pas à se concentrer.

En effet, il n'aime qu'une seule chose la musique.

Du matin au soir, il siffle des airs à la mode et se prend de passion pour le rythme et la mélodie. C'est à l'âge de 9 ans que le jeune garçon connaît le choc déterminant de sa vie et de son parcours.
Non loin de chez ses parents se trouvait une base américaine, le Camp Pershing, et une nuit, il entendit de sa chambre une musique inconnue dont le rythme allait lui donner des frissons : le Jazz.

Le swing de ces sympathiques militaires mélomanes allait aussitôt résonner dans sa tête du jeune enfant, et chaque soir, il vivait dans l'attente de son rendez-vous nocturne privilégié et de ces moments de pure émotion. Un instrument, dont il ignorait le nom encore, le troublait plus que les autres…

D'où provenait le mystérieux " bing-bing "  qui obsédait Loulou durant ces nuits ? Il le chercha longtemps et un beau jour, il comprit que ce son si particulier était celui du banjo.

Dès lors, il acheta très vite ses premiers 78 tours, en particulier toutes les nouveautés venues d'Outre-Atlantique. Et bien sûr, il fit l'acquisition de vrai banjo, " son " banjo sur lequel il apprit les rudiments de chiffrage américain, l'étude de l'harmonie à l'aide de grilles, où des lettres et des chiffres étaient associés à des notes de musique. A partir de ce moment, il s'entraîna sans relâche, et n'eut de cesse de trouver des dizaines de thèmes qu'il travaillait jusqu'à les jouer parfaitement.

Premiers pas…

      En 1927 (il a 19 ans), une photo nous montre Loulou avec Charly Schaff et Coco Kiehn, au sein du Rector's Club Orchestra du Perroquet, un night-club du Caire. Il s'agit certainement ici de ses premiers pas au sein d'un orchestre de Jazz.

Au même moment au même endroit, Joséphine Baker cherchait un banjo dans son orchestre. Ayant entendu parler de Louis Gasté, elle l'engage aussitôt pour son tour de chant. Ce qui, bien des années plus tard, fera dire à Loulou, avec beaucoup d'humour : " Ce n'est pas que j'étais le meilleur, mais j'étais le seul ! "

En 1929, Loulou s'adjoint à la formation des collégiens créée par Ray Ventura, prenant la suite de Henri Guesde. Très vite, l'orchestre de Jazz de " Ray and his Collegians " devient professionnel, sous le nom de : Ray Ventura et ses Collégiens.

Ils deviennent célèbres du jour au lendemain, et donnent aussitôt des concerts dans toute l'Europe. Parmi les musiciens, citons le pianiste-compositeur Paul Misraki, Raymond Legrand (futur grand chef d'orchestre), Noël Chiboust, le chanteur Pierre Mingand, bientôt Jacques Hélian et notre Loulou Gasté, guitariste de L'orchestre qui participe également à l'écriture des musiques " Jazz ", puis des sketches et des chansons.

Sans oublier les nombreuses séances d'enregistrements (il est à la guitare), d'abord chez Odéon (jusqu'à Octobre 1931), puis chez Decca (de décembre 1931 à janvier 1935) et enfin chez Pathé, dont le coup d'essai du 22 mai 1935, " Tout va très bien , Madame la Marquise ", est un coup de maître. Précisons ici que c'est Loulou qui, au cours d'un déjeuner avec Ventura et Misraki, va donner l'idée de la chanson.

En effet, tout allait mal pour l'orchestre à ce moment là et les collégiens se demandaient bien ce qu'il allait devenir de l'orchestre… Inspiré par les mésaventures passagères de l'orchestre, Loulou inventa spontanément une histoire de Lady rentrant de voyage et à qui il arrive tous les malheurs du monde, avec la conclusion que tout, finalement, va très bien ! Ainsi vont naître l'intrigue et la chanson sketch. Grand Prix du Disque 1935, " La Marquise " va être rééditée sur onze étiquettes différentes au cours des années à venir et le petit format se vendra à plus d'un million d'exemplaires !

Parmi les chansons composées par Loulou pour l'orchestre de ray Ventura citons " J'entends des voix " et " Amour et guitare ", dans laquelle il nous offre un brillant solo de guitare. Il s'agit là de sa toute première composition. Précisons enfin que Loulou fait partie des tournages des deux films de Ray, " Feux de Joie " en 1938 et " Tourbillon de Paris " en 1939.

Entre Jazz et Swing

      Mais cette année 1939, alors que leur succès est à son paroxysme, la guerre fait péricliter le groupe de musiciens, et chacun doit gagner l'armée, tandis que Ray Ventura voit sa maison d'édition saisie comme bien juif. Loulou rejoint aussitôt Raymond Legrand, non mobilisable pour cause de surdité (!), et qui vient de reformer un orchestre afin de combler le vide laissé par Ventura. Pendant quatre années, cette nouvelle formation va connaître une activité des plus brillantes.

Mais trop étroitement lié à Radio-Paris, considéré comme " collaborateur " avec l'ennemi, et à cause d'une tournée fameuse très controversée en Allemagne, Raymond Legrand entre dans le " collimateur " des Résistants. Petit à petit, il prend ses distances et décide de se retirer pour raison de santé loin de Paris…

Louis se retrouve seul.
C'est à ce moment-là qu'il rencontre Lucienne Boyer, qui le prend sous son aile, et il devient, pendant un temps, son accompagnateur. Il compose parallèlement les premières chansons de Jacques Pills, mari de Lucienne, ainsi que d'autres, enregistrées par quelques-une des vedettes de l'époque.

Outre Jacques Pills " Elle était swing ", " Avec son ukulélé " (1941), André Dassary " Il faisait trop dimanche " (1941) et Tino Rossi  " Le chant du gardian " (film "Le soleil a toujours raison ", 1941) sont les premiers à le chanter.
Malgré la guerre, l'Occupation et les difficultés du moment, il continue de composer quelques mélodies mais aussi du Jazz, et de nouvelles chansons naissent, toutes plus populaires que les autres : " L'âme au diable " et " Sainte Madeleine " pour le film " Feu Nicolas " (Léo Marjane, 1943), " Domingo " ( Lucienne Delyle,1944), " Le petit chaperon rouge " (Roger Toussaint, Lisette Jambel, 1944), ainsi que les deux premières chansons officielles de Jacqueline François, " Gentleman " et " Ce n'était pas original " (1945), enregistrées chez Odéon sur un disque-test, à tirage limité mais néanmoins commercialisé. Sans oublier "  Oui " (Raymond Legrand, Pierre Mingand, Betty Spell, 1943) et " Ca s'fait pas " (Alix Combelle et son orchestre, 1944), deux " swing " endiablés, témoins de l'éphémère phénomène Zabou né pendant l'Occupation de la part de jeunes gens réfractaires, pour qui l'heure est à l'amusement et au rire.

Au départ, c'est une manière d'interpréter la musique de Jazz en la faisant " swinguer ", autrement dit balancer. Le swing, apparu au départ chez les jazzmen français, conquiert bientôt la chanson et tous les auteurs et chanteurs du moment chantent " swing ".

Comme en témoignent les chansons de l'époque, il suffit de le glisser dans le refrain d'une chanson pour que celle-ci soit un succès. Après " Mademoiselle Swing " de Raymond Legrand, " Oui " de Loulou Gasté devient le deuxième hymne de la jeunesse " Swing ".

Cette musique, qui évidemment est le signe de ralliement de toute cette jeunesse " rebelle ", est donc du jazz, du moment que ça " swingue ".
L'Amérique fascine, elle représente le symbole de la modernité, du progrès, du futur. Lorsque la Libération éclate, et que la musique américaine envahit les ondes, (rappelons que pendant la guerre le jazz est, en théorie, banni des ondes : " une musique barbare  qui témoigne de la dégénérescence des mœurs "), Loulou Gasté compose des titres dans l'ère du temps.

Les chansons de 1945 sont le reflet le plus représentatif de la Libération de la France par les Américains.

Alors que le pays règne dans une pagaille inimaginable (pénuries, coupures de courant…), l'on préfère rêver à des contrées lointaines, avec quelques incursions sous d'autres cieux, notamment l'Amérique des pionniers, telle qu'elle se dessine dans l'imaginaire hexagonal.

Ainsi Loulou compose pour Georges Guétary " Quand un cow boy ", pour Lily Fayol " Le rythme américain ", pour Josette Daydé " Quand Betty fait Boop "…

Et aide à la consécration d'un jeune débutant, Yves Montand, qui lui aussi chante les plaines du Far West, en lui composant " Luna Park " et " Battling Joe ", deux titres qu'il chantera jusqu'à la fin de sa vie.


Line

      En septembre 1945, une rencontre devait changer sa vie. Il a 37 ans, elle en a tout juste 16, elle est blonde aux yeux bleus, elle s'appelle Jacqueline Ray et arrive d'Armentières, une ville du Nord de la France.

Elle est issue d'une famille extrêmement modeste. Lui est célèbre et adulé. La France entière chante les refrains de Gasté, elle aussi d'ailleurs. Il est son idole.
A partir du moment où il l'entendit au cours d'une audition aux Folies Belleville, il comprit qu'il allait faire de cette gamine une vedette internationale. Sorte de pygmalion, il la rebaptise Line Renaud et écrit pour elle tout un répertoire de chansons populaires.

Des chansons très bien faites, aisées à retenir, amusantes à chanter, et qui ont fait de Line Renaud l'une des artistes les plus attachantes du music-hall d'après-guerre. Parmi les huit premières créations de Line Renaud, citons " Nous deux ", " Adieu celui que j'aime ", " il n'était pas sentimental ", " Le complet gris ", "  Au p'tit bonheur la chance ", " Ca n'a pas empêché ", " Si j'avais la chance " et " C'était un grand garçon ", toutes gravées, en octobre 1946, lors de sa première séance d'enregistrement chez Pacific.

L'année suivante, Line Renaud signe un contrat d'exclusivité chez Pathé, la plus prestigieuse des firmes françaises, et réenregistre pour l'occasion quatre des huit chansons, dont " Le complet gris ", avec des moyens techniques bien supérieurs à ceux de la firme Pacific.

Puis c'est bientôt " Où vas-tu Basile ? " et la fameuse " Cabane au Canada ", qui obtiendra le Grand Prix de l'Académie Charles Cros, deux années consécutives, en 1949 et 1950.
A partir de cette date là et ce pendant dix ans, Loulou va accompagner Line sur toutes les scènes de Music-Hall. Il s'intégrait naturellement à l'orchestre, et, de jouer de la guitare aux côtés de sa femme, cela faisait un effet fou sur le public, qui redoublait à chaque fois ses applaudissements.

La scène lui manquait terriblement depuis l'expérience joyeuse de Ray Ventura, aussi était-ce pour lui très important de continuer à jouer de la guitare.


Le 18 décembre 1950, Line épouse Loulou et devient Madame Jacqueline Gasté.

Dans la corbeille de mariage, les plus beaux cadeaux de Loulou seront ses compositions : certaines connaîtront un succès international. " Ma cabane au Canada " tout d'abord devenue " Cabin in Canada " en 1951, puis " Basile ", " My heart keeps swinging " ; " Le soir " connaît également un heureux destin : une version anglaise "  I'd love to fall asleep ", allemande " Madeleine ", itlienne " La sera " et espagnole " De noche sonare .
De même que " Printemps d'Alsace " sera enregistré en italien " La saie perche " et en allemand ; enfin " Le bal aux Baléares " connaîtra une version anglaise " Majorca ", allemande " Heute Nacht der Guitaren spielen " et espagnole " Bolero Baleares .

A la suite de la version espagnole, le couple sera nommé citoyen d'Honneur des Iles Baléares.

Précisons ici que la version anglaise " Majorca " sera le premier succès d'une jeune artiste encore inconnue à l'époque, Pétula Clark, qui l'enregistre en Angleterre chez Pie au milieu des années 50, et grâce à cette chanson, sa carrière sera définitivement lancée.


Que du Bonheur   

      Mais revenons un peu en arrière… En dehors de composer pour sa femme Line Renaud, Loulou continue de composer pour les autres, notamment Jacques Hélian et son Orchestre, alors très en vogue à la Libération, une petite valse simple et sans prétention, intitulée " Le porte-bonheur ", et qui va, pendant plusieurs années, faire chanter la France entière. " C'était un porte-bonheur, un petit cochon avec un cœur… "

Pour lancer cet air écrit et composé par Loulou Gasté et Henri Kubnick, Jacques Hélian a l'idée de faire fabriquer un petit cochon en métal découpé.
Mille pièces de ce petit talisman sont donc fabriquées et, pour les écouler, il passe une annonce à la radio en précisant qu'elles seraient offertes aux auditeurs intéressés.

Un mois plus tard, plus de cinquante mille lettres sont reçues et deux cent trente mille " petits cochons " expédiés !
 Tout le monde veut son porte-bonheur, on engage trois jeunes filles pour ouvrir le courrier et envoyer quelques 2000 enveloppes par jour.  Du jamais vu !

Il  renouvellera le succès du porte-bonheur (qui porte bien son nom !) pour Jacques Hélian avec la samba " Au Chili " (le titre N°1 quant aux droits d'auteur de l'année 1951), et une autre samba, " Les pompiers de Mexique "… qui, on peut le dire, fera long feu.

Et que reprendront moult artistes de l'époque, tels René Delauney ou Nini Cordy, future Annie Cordy, sur l'un de ses rarissimes 78 tours Magic, enregistré à Bruxelles en 1948. Sans oublier Les " Chica Chica ", " Elle fait ci…Elle fait ça " et autres " Samba Pampa " que se partageront toutes les vedettes de l'époque.

Citons encore " Do et mi " pour Josette Daydé (1945) ; " Seule avec toi " enregistrée par l'actrice Gisèle Pascal (1945), " Sur la route de Paris " pour Marie Bizet, " Il aurait bien voulu " pour Lily Fayol et Lyne Clevers (1947), " Le voleur de Bagdad " pour André Dassary, " Les deux pigeons " et " Trois petits frères " (1948) pour Lisette Jambel, " Vel' d'Hiv " pour Yves Montand (1948), " Leïla " pour Patrice et Mario (1949), " Je t'aime tant " pour Eliane Dorsay (1950), "  La fleur de tes cheveux " et " Qui veut mes rêves ? " pour Luis Mariano (1951), " La Parisienne " pour Miguel Amador, " Rio de Janeiro " pour Bébé Hong Suong, quelques morceaux de bravoure pour chanteurs à voix tels Armand Mestral et John William : " Du haut du Sacré-Cœur ", " Jericho ", " La nuit sur la vallée "…

Sans oublier toutes les chansons que Loulou écrit et compose pour Line, et que toutes les grandes vedettes de l'époque mettent aussitôt à leur répertoire : Lucien Lupi et Armand Mestral " Ma cabane au Canada " (1948), Lucien Jeunesse et le Trio des Quatre " Où vas-tu Basile ? " (1949), Guy Marly " Cent pour cent " (1950), Raymond Girerd " Mon cœur pleure pour vous " (1951), Tino Rossi " Son cœur est amoureux " (1952), Charles Gentès " Printemps d'Alsace " (1954), Miguel Amador " Je ne sais pas " (1954)…

Citons enfin les noms des plus célèbres formations des années 50, qui n'oublieront pas d'inscrire un ou plusieurs titres de Loulou à leur répertoire : Dany Kane et ses Rythmes, Franck Pourcel et son Grand Orchestre à Cordes, Hubert Rostaing et son Orchestre, Henri Leca et son Ensemble Rythmique, Tony Murena et son Ensemble, Pierre Spiers et son Orchestre, Charles Bazin, Noël Chiboust et bien sûr Aimé Barelli et son Orchestre.

Compositeur de renom, Loulou doit également être cité ici comme l'auteur de nombreux succès.

Parmi ceux-ci, " Les plus jolies choses de la vie ", " Le chien dans la vitrine ", " Mister Banjo ", " Buena sera ", " J'ai vu maman embrasser le Père Noël " ou encore " Dis ! Oh Dis " bientôt reprise par Sacha Distel.

Outre les films " Le soleil a toujours raison ", " Feu Nicolas " ou " Le roi des resquilleurs " cités plus haut, Loulou Gasté compose d'autres succès de films, notamment " Un oiseau chante " pour Gisèle Pascal, premier rôle du film " Madame et son flirt ", et " Tous les goûts sont dans la nature ", que défend Andrex sur la même pellicule. Puis " Adieu celle que j'aime " et " Jamais deux sans trois " pour le film de Tino Rossi " Le Gardian " (1946). Citons encore " Un amour " chantée par Ginette Leclerc (doublée par Line) dans le film " Une belle garce "(1947) de Jacques Daroy ; " Folie douce " du film du même, qu'enregistre Lisette Jambel en 1951. Citons enfin " Une nuit aux Baléares " (1957), tiré de l'opérette créée au Théâtre de l'Etoile deux ans auparavant, et réalisé par Paul Mesnier. Toutes les chansons du film interprétées ici par Georges Guétary sont signées Loulou Gasté.

Précisons ici que l'opérette avait pour têtes d'affiches Zappy Max et Miguel Amador, bientôt remplacés par Pierre Miguel.

En 1946, Line Renaud flirte avec le cinéma. Elle apparaît une première fois dans le chef-d'œuvre " La foire aux Chimères " (1946) dans le rôle d'une chanteuse de cabaret.

Elle renouvelle l'expérience dès 1951, dans le film " Paris chante toujours " de Pierre Montazel, qui réunit toutes les grandes vedettes de la chanson de l'époque.

Dans le rôle d'une gantière parisienne, elle interprète " Ni pourquoi, ni comment ", une chanson de Loulou absolument adorable. Puis dans " La route du bonheur "(1953) de Maurice Labro (même rassemblement du Music-Hall), Line interprète à nouveau une chanson de Loulou, " Le soir ".

Précisons que dès 1951, elle est une actrice confirmée, puisqu'elle est la vedette du long-métrage " Ils sont dans les vignes " de Robert Vernay. Désormais, Loulou compose pour elle chacune des chansons qu'elle aura à interpréter devant les caméras.

Dans ce dernier justement, Line interprète trois titres : " Le jupon de Lison ", " Soleil sur l'horizon " et " Mon petit bonhomme de chemin "

En 1955, Line reçoit le Prix Prestige de la France pour sa performance dans le film " La Madelon " (1955) de Jean Boyer. Toutes les musiques à l'exception de la chanson " Quand Madelon ", sont signées Loulou Gasté.

Devant le succès du film, les producteurs demandent à Loulou Gasté de composer une chanson pour le film " Le feu aux poudres " (1957) d'Henri Decoin qui réunit Charles Vanel, Peter Van Eyk et Raymond Pellegrin.

Ce film aura un très grand succès en France et sera diffusé dans 39 pays. La chanson, écrite par Albert Simonin et chantée dans le film de Dario Moreno, s'intitule "Pour toi ".

Enregistrée chez Philips, elle connaîtra plusieurs tirages et sera reprise par différents artistes, dont Line Renaud et le Chef d'orchestre Christian Chevalier, qui en fait un disque de Prestige. Ils furent récompensés par le " Grand Prix International Stan Kenton " (célèbre musicien de jazz américain), qui vient en personne aux USA pour leur remettre le Prix.

Toujours parmi les films, citons enfin " Mademoiselle et son gang " (1956) de Jean Boyer avec Line Renaud et Jean Carmet, et la chanson " Avec celui qu'on aime ", ainsi que " L'increvable "(1958) de Jean Boyer, avec Francis Blanche, Michel Galabru et Darry Cowl.


En 1955 toujours, Line et Loulou sont en Amérique.

" Mademoiselle from Armentières " chante pour la première fois à Hollywood, et enregistre pour l'occasion deux duos avec Dean Martin, " Relax ay voo " et " Two sleepy  people ", chez Capitol.

Précisons ici que les cinq premières chansons déposées chez Capitol, qui crée alors sa première maison d'édition, sont toutes de Loulou.


" C'est ça la Revue "

      En 1959, la carrière de Loulou Gasté prend un nouveau tournant, puisque, sur la demande d'Henri Varna, l'un des rois du Music-Hall parisien, il écrit, compose et conçoit de A à Z une revue à grand spectacle intitulée " Plaisir ", dont Line sera la vedette, au Casino de Paris. Parmi les airs composés par Loulou, citons " Un jour je reverrai Paris ", " Un amour d'été ", " Viva Cuba "…
La revue va tenir l'affiche pendant quatre ans.

C'est là que les directeurs artistiques du Dunes, l'un des plus grands casinos de Las Vegas, engagent Line pour une autre revue spécialement créée à son intention. Prévue pour trois mois la revue du " Casino de Paris à Las Vegas " durera deux ans (1964-1965).

De retour à Paris, Loulou compose toute la musique de la nouvelle revue du Casino de Paris " Désir " (1966-1967). Mais en 1968, Las Vegas rappelle Line pour un autre spectacle tout aussi grandiose, dont elle va également assurer la mise en scène et la direction artistique. Ce sont, à nouveau, deux ans de Triomphe et de Bonheur.



En 1970
, Loulou monte un nouveau studio d'enregistrements, et il compose de nouveaux succès pour Line, dont " Bye Bye " avec Serge Lama.

En 1973, Line revient définitivement en France et un nouveau spectacle est conçu, le " Line Renaud Las Vegas Show ", qui va partir en tournée dans toute la France pendant deux années entières.

En 1976, afin de sauver le Casino de Paris menacé de fermeture définitive, Jean Bauchet décide de racheter l'établissement, mais à une seule condition : Line et Loulou doivent faire le spectacle de réouverture. Ils conçoivent donc le fil conducteur, les musiques et les chansons d'une nouvelle revue intitulée " Paris-Line ", dont la dernière, au bout de quatre ans, coïncidera avec l'anniversaire des trente ans de carrière de Line.

L'air principal  " Oui c'est ça la revue, un bouquet de bonheur… " fera le tour du monde. Un succès tel, que la TV américaine HBO (Home Box Office) viendra filmer le spectacle, qui précisons-le, se jouera à guichets fermés entre 1976 et décembre 1979.

            

" Pour toi - Feelings "

Tout semblerait aller pour le mieux mais une ombre vient soudain noircir le tableau. En effet, l'un des grand succès de Line composé par Loulou en 1957, " Pour toi ", vient d'être plagié par un chanteur américain.

On lui a volé sa chanson, note pour note, et le titre, rebaptisé " Feelings ", est devenu un succès mondial !
Apprenant la nouvelle par hasard aux Etats-Unis, Loulou est très contrarié et ce souci va influer sur sa santé. Il est triste et ne peut s'empêcher de penser à autre chose. Découragé, il est même victime d'un petit infarctus.

En 1976, Loulou apprend que Mike Brant avait, avant qu'il ne décède, enregistré sa chanson " Pour toi ". Il se renseigne, et constate avec effroi que l'adaptation de "Feelings " avait été rebaptisée " Dis-lui " par Michel Jourdan pour le chanteur Mike Brant, qui, d'ailleurs, mourra peu de temps avant la sortie de son disque, autrement dit sans l'avoir jamais entendu. Loulou n'en peut plus.

Il décide de faire rechercher le chanteur-compositeur brésilien M. Albert pur lui faire un procès mais celui-ci est évidemment introuvable. Ce n'est qu'au bout de trois ans de longues et laborieuses recherches que ce dernier est retrouvé, et le procès ne démarre qu'en juin 1981.

Le soir du 27 octobre 1982, Loulou est opéré d'extrême urgence d'une rupture d'anévrisme. Les Professeurs Cormier et Lorian lui donnent une chance sur deux de survie. Fort heureusement, l'opération réussit et Loulou n'a plus besoin maintenant que d'une longue et tranquille convalescence.



Toute la profession du spectacle, toutes générations confondues, vient lui rendre hommage. Enrico Macias, Charles Aznavour, Yves Montand, Dalida, Chantal Goya, Daniel Guichard, Annie Cordy, Nana Mouskouri, Gérard Lenorman…

En tout 52 des plus grands noms de la Chanson française viennent chanter devant les caméras tous ses plus grands succès…
Didier Barbelivien, qui représente les nouveaux talents, lui écrit une magnifique chanson : " Loulou " (créée pour cette occasion par Line en personne, elle décide cependant que ce sera la seule et unique fois qu'elle la chantera).

Présentée par Michel Drucker, au profit de l'Enfance Handicapée, cette émission unique obtient, au cours de sa diffusion, un indice d'écoute encore jamais atteint par la chaîne Antenne 2 : un record historique encore aujourd'hui.

Devant tant de sympathie et d'amitié, Loulou reprend goût à la vie. Il va mieux, et son inspiration musicale lui revient petit à petit. Il compose une superbe chanson pour Julio Iglesias " Good night my love ", " C'est un pianiste américain " pour Yves Montand, " Le cœur gitan " pour Frédéric François et " Django " pour Line, un chef-d'œuvre absolu récemment enregistré par Line et aussitôt inclus dans le coffret long box " Line ".

Mais malheureusement, aucune des autres chansons ne sera enregistrée par les artistes à qui elles étaient destinées.

Concernant la chanson " Django ", Loulou avait un peu de chagrin car Line ne souhaitait pas en faire un disque. En effet, elle avait décidé depuis l'émission TV, de tirer un trait sur sa carrière au Music-Hall au profit de celle de comédienne de théâtre et d'actrice de cinéma et de télévision.

" Si je me suis trompée, lui dira-t-elle, je ferais mon mea culpa. " Mais Loulou a très vite vu son succès dans " Folle Amanda ", " Pleins feux ", " Les filles du Lido ", et surtout " J'ai pas sommeil " de Claire Denis, film pour lequel Line a été nommée pour un Oscar…

Et il en était très fier. " Tu as bien fait, lui avoua-t-il, c'est moi qui me suis trompé. "



Le 11 juillet 1987
, une excellente nouvelle vient récompenser les nombreux efforts de Loulou et de Line, puisqu'à l'unanimité du jury, Loulou est reconnu comme étant le seul et l'unique compositeur de la chanson " Pour toi - Feelings ".

Les coupables tentent de faire appel, mais ils  perdront à nouveau. En effet, le 22 décembre 1988, Loulou gagne définitivement son procès et devant le monde entier, il est reconnu comme le compositeur légitime de sa chanson.

En 1990, Loulou Gasté enregistre en ultime disque, un CD 2 titres comportant la toute première chanson qu'il ait composée, " Elle était swing " et la dernière en date, " Un pianiste américain ". 50 ans et 1100 autres chansons séparent ces deux titres, mais la modernité de chacune d'elles est véritablement étonnante.



Quel phrasé ! Quel swing ! Il a 82 ans et c'est d'ailleurs la première fois qu'il chante !

Loulou Gasté est décédé le 8 janvier 1995 à 8 heures du matin à son domicile " Les Cèdres Bleus " à Rueil Malmaison. Il allait entrer dans sa 88ème année.

Chevalier de la Légion d'Honneur, il était également Officier des Arts et des Lettres et s'était vu décerner les Palmes Académiques.
Il était sociétaire définitif de la SACEM et citoyen d'honneur de Las Vegas.

Un bel émouvant hommage lui sera rendu en mars 2001, avec la sortie d'un sublime album de 14 chansons de Loulou interprétées, en autres, par Pascal Obispo, Patrick Fiori, Garou, Charles Aznavour, Laam, Isabelle Boulay, Daniel Lévi, Carlos, Nana Mouskouri et même l'épatante Muriel Robin, amie intime du couple depuis le 2 août 1988.
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Une place Loulou Gasté inaugurée à Paris

Loulou Gasté, l'homme aux 1.200 chansons, époux adoré de Line Renaud, est enfin reconnu par Paris.

Une place portant le nom de l'auteur et compositeur a été inaugurée le 1er juillet 2005 à Paris, à l'angle du boulevard Pereire et de la rue Alfred Roll, dans le 17ème arrondissement.

Le Président de la République Jacques Chirac, son épouse Bernadette et leur fille Claude, proches de Line Renaud, ont assisté à l'inauguration présidée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Françoise de Panafieu, maire du 17ème arrondissement, Johnny et Laeticia   Hallyday, Charles Aznavour, Muriel Robin, Catherine Lara, Annie Cordy, Michèle Laroque, Dany Boon, Jean Claude Brialy, Yvette Horner  ou encore le président de France Télévision, Marc Teissier, étaient également présents à cette cérémonie autour de Line Renaud.

Lors de la cérémonie, Patrick Fiori et Liane Foly  ont chanté respectivement " Ma cabane au Canada " et " Feelings " en hommage au grand auteur-compositeur qu'est Loulou Gasté.

Matthieu MOULIN

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